les morts qui touchent

texte pour vivants, fantômes et paysages

 

d'après alexandre koutchevsky / conception, mise en scène et scénographie julien francfort / distribution en cours

Ça part du ciel, passe sous la terre, ressort sur une autoroute et se termine à la surface des brins d’herbe. C’est la fille d’une morte qui n’a pas eu le temps de la voir mourir. Elle aurait pu collectionner des objets, elle collectionne des lieux. Des morts accompagnent son trajet mortuaire : un passager clandestin, le philosophe Vladimir Jankélévitch. Ce sont des corps qui chutent, on dit : « frappés par le destin ».

Depuis qu’il y a des vivants, depuis toutes ces années, les vivants meurent, toujours dans le même sens. A côté de nous, dans la rue, dans le ciel, des milliers de vivants meurent depuis toujours, dans le même sens, et jamais un n’est revenu, pas un seul pour nous dire. Aucun pour nous raconter ce nouveau monde qui nous est parfaitement inconnu, parfois redouté, et depuis toujours inévitable.

Ce que nous expérimentons sur le plateau ce sont toutes ces capacités de possibilités d’espaces. La mise en scène tente d’explorer le devenir fictif et utopique de la rencontre de ces mondes dont s’empare ici le théâtre. Ces mondes sont ceux de la dialectique du vivant et de la mort. Je conçois un acteur comme un chercheur de l’espace, dans lequel son corps tient, sa voix projette, ses déplacements modulent. L’acteur est un organisme de transfert qui projette le texte dans l’espace. Le texte-paysage d’Alexandre Koutchevsky, tel qu’il le nomme, est en cela fascinant à travailler, à voir, à entendre, … Les paysages sont les réceptacles de nos souvenirs. Nous vivons quotidiennement dans des lieux qui portent à la fois nos chagrins, nos joies, nos premières fois, nos espoirs et nos ruptures. Toutefois, nous portons presque toujours le poids des souvenirs qui affectent nos paysages une fois qu’ils sont passés. Nous contemplons alors ces lieux que nous collectionnons comme des souvenirs et qui renferment notre passage en tant que vivant et gardent précieusement l’héritage de notre vie sur terre.

La poésie de Koutchevsky me conduit à un travail exigeant sur le texte et sa représentation. Je tente ainsi, grâce aux actrices, de faire voir le texte comme si le spectateur était sourd, et le faire entendre comme s’il était aveugle.

Les Morts qui touchent nous confrontent à de multiples espaces qui cohabitent ou s’opposent sur celui du plateau. Les corps de cette histoire peuplent des paysages du ciel jusque sous la terre. Les mots sont un parfum sensationnel que les actrices respirent et diffusent. Les vivants, les morts, les fantômes, tous ces corps qui volent, qui chutent, ces corps « frappés par le destin », nous invitent à une contemplation autant suggérée que personnelle des lieux que collectionnent une fille en deuil pour retrouver sa mère parmi les morts.

production : en cours

dates à venir                                                                                                        

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